Tradition à Gruissan : la Fête de la St Pierre

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Tradition : la Fête de la St Pierre

La Saint-Pierre, patron des pêcheurs, a toujours été d’une grande popularité à Gruissan. C’est même un jour sacré pour les 27 pêcheurs de mer et d’étang, et notamment Iro Gaumer, leur 1er prud’homme. Les épouses des patrons-pêcheurs ont revêtu le buste de Saint Pierre de son costume d’apparat, manteau de velours grenat à parements dorés, couronne dorée, large ruban de soie rose avec un gros nœud entourant les deux grosses clés dorées. Placé ensuite parmi des lys d’or et d’argent, sur un brancard à draperies rouges, Saint Pierre Trône. Iro Gaumer ouvre la cérémonie en compagnie des quatre juges revêtus de leur toge noire.

La Saint Pierre rassemble en une longue procession qui se déroule telle une vague.

Après avoir formé un cortège devant la prud’homie, Saint-Pierre est porté par de jeunes pêcheurs dans les rues du village qui le temps d’un week-end deviennent source de curiosités et de traditions. Certains vont embrasser les clés de Saint Pierre et faire un vœu. Dans le sillage de Saint Pierre, il y a les pêcheurs, la famille des pêcheurs, les Gruissanais et les amoureux de Gruissan. Attiré à son tour, le nombreux public est entraîné vers l’église ou les pêcheurs défilent en portant cierge et barque d’apparat. Embarquez pour cette fête solidement ancrée depuis le XVIIe siècle. Suivez les Gruissanais qui naviguent jusqu’à Notre Dame de l’Assomption où la grand’messe est célébrée. Pêcheurs et Prud’hommes mènent la danse, la scottish, un pas de danse entraînant qui ajoute à la procession solennelle, un air de fête conviviale. Ainsi les patrons pêcheurs font l’offrande d’un bateau et d’un cierge. Le public entendra alors l’hymne de Saint Pierre dont le couplet qui suit. «À toi chants et hommages, bénis la vigne et la moisson, ramène enfin sur les rivages, et les beaux jours et le poisson». C’est la saison des coutumes et rites locaux, laissez-vous happer par l’identité gruissanaise forte en émotions durant une fête populaire incontournable. Car la Saint Pierre c’est aussi depuis une centaine d’années, la fête du village. Au cas où certains l’auraient oublié, Gruissan est un village de pêcheurs.

Saint Pierre et les Gruissanais

Au XVIIe siècle, des Gruissanais trouvent une proue de bateau sur la plage. Ils reconnaissent Saint Pierre. Depuis, ils dédient une fête à ce personnage à la fin juin de chaque année. Procession, sérénade et liesse En point d’orgue le spectacle unique des prud’hommes dansant une scottish dans l’église avec les pêcheurs et leurs épouses.

 

« Vers le milieu du XVIIe siècle, des pêcheurs de Gruissan trouvèrent au bord de la mer, parmi les épaves d’un navire naufragé, une « figure de proue » en bois, finement sculptée et peinte de diverses couleurs » écrit Jean Carbonel, historien.

Ils reconnaissent immédiatement Saint Pierre. Le buste, à la belle tête barbue, comporte deux grosses clés. Celles du paradis ! en déduisent les hommes qui ont fait cette trouvaille.

Les Gruissanais, marins à la réputation légendaire de courage dans tout le royaume de France, vivent cet événement avec une intensité peu commune. La statue fait aussitôt l’objet d’une vénération particulière, en raison des circonstances extraordinaires de sa découverte.
La fête de la Saint Pierre, célébrée dans toutes les villes marines, revêt une importance particulière à cause de cette statue.

 

Tout ce petit monde, suivi du village entier et des touristes, se dirige vers l’église en musique. Le clergé accueille la relique au porche de l’église avant de la laisser pénétrer dans une nef déjà pleine à craquer. Ici aussi chacun s’assoit à sa place attitrée. Les Prud’hommes regagnent leur banc réservé. Les autorités, capitaines, maireet marguilliers (teneurs du registre de la paroisse) s’installent sur les stalles (sièges en bois autour du chœur). Enfin les pêcheurs s’assoient sur les bancs. La grand’messe commence sur la musique de Lulli dispensée par les orgues.

 

Après la lecture de l’évangile, le clergé s’installe au centre du chœur tandis que les quatre Prud’hommes se placent au fond de l’église devant les pêcheurs amassés près des fonds baptismaux. Un air fuse, non plus les grandes orgues mais une scottish (danse anglaise voisine de la polka, à quatre temps). Les Prud’hommes suivis des pêcheurs remontent vers le chœur en respectant le rythme de la danse. Ils doivent suivre un rite particulier.

Les Prud’hommes tiennent une hampe surmontée de la petite barque dorée dans leur main droite. Elle symbolise le travail. Un cierge allumé brille dans leur main gauche qui représente la foi. Ils se déplacent donc vers le chœur en dansant. Seuls les Prud’hommes, les pêcheurs et leurs épouses ont ce droit. Les autres se contentent de rester spectateurs malgré une probable envie de bouger à l’écoute de cette musique entraînante. Après la scottish, les grandes orgues reprennent leur empire et l’office s’achève.

 

Pourquoi une scottish ? Parce que son rythme rappelle les mouvements et ondulations de la houle qui balance à la fois pêcheurs et barques.
L’orchestre reconduit en musique les Prud’hommes à la Prud’homie tandis que le buste reste à l’église. Il est reconduit à la Prud’homie après les Vêpres de l’après-midi. La fête se complète par une sérénade la veille au soir, un hommage aux marins disparus le dimanche après-midi et deux bals. Ne manquez pas cette fête de la Saint Pierre, à nulle autre pareille.

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